ÉDITIONS POCKET, LITTÉRATURE CONTEMPORAINE, LITTÉRATURE FRANÇAISE

Chronique Une femme blessée de Marina CARRÈRE D’ENCAUSSE

Le premier roman de cette auteure nous parle de crimes, de sujets atroces avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. Une femme blessée est une fiction inspirée de faits réels. Ce sujet existe encore dans de nombreux pays et nous montre que les conditions de la femme ne sont pas égales et qu’il faut se battre pour que ces pratiquent cessent…

Une femme blessée, de Marina CARRÈRE D’ENCAUSSE par Julie chronique

Un mot sur l’auteure

Marina Carrère, dite Marina Carrère d’Encausse, née 09 octobre 1961 à Paris. Elle est une médecin échographiste et animatrice de télévision française. Depuis 2017, elle est marraine des Bibliothèques Sonores de l’Association des Donneurs de Voix.
Fille de l’assureur Louis Édouard Carrère, dit Carrère d’Encausse, et de l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, elle est la sœur de l’écrivain Emmanuel Carrère et de l’avocate Nathalie Carrère. De son enfance intellectuelle et politisée, elle conserve le souvenir d’une éducation rigoureuse mais libre et joyeusement russe. Mariée, elle est mère de trois enfants.

Dans un village du Kurdistan iraquien, Fatimah, jeune mère de famille vit avec sa belle-famille qui ne l’a pas accueillie à bras ouverts. Fatimah a été brûlée au troisième degré sur plus de la moitié du corps et son visage est détruit. Les médecins doutent que Fatimah puisse survivre. Accident domestique ? C’est une possibilité. Crime d’honneur ? Probable !

5000 femmes sont tuées chaque année au nom de l’honneur, c’est une tradition répandue au Moyen Orient, Pakistan, Turquie, Tchad et certaine région d’Amérique latine comme le Brésil, ce n’est pas une question de religion puisque des personnes de confessions différentes la pratiquent, ni de milieux socioculturels. C’est un code d’honneur familiale. 

L’auteure nous décrit parfaitement ce qui se passe dans le service des grands brûlés, à l’hôpital de Soulemaneh, dans le Kurdistan irakien. On apprend très vite que Fatimah porte un bébé, «  bébé de la honte ». Mais pourquoi «  bébé de la honte » Qui est le père ? Fatimah reste muette mais pourquoi ? Pour protéger quelqu’un ? Peur de représailles ? Son mari, sa famille vit comme-ci elle n’existait plus, excepté Farah, sa fille ainée qui continue de penser à elle et qui la réclame tous les jours.

Cette histoire terrible est construite comme une enquête policière, on va de dénouement en dénouement… On ne peut plus lâcher le livre… On veut savoir.

Lorsque j’ai lu ce roman le temps s’est figé tant qu’il beau, sensible et fort. Cette lecture m’a complètement happée, j’avais envie de connaître le coupable et les lourds secrets de Fatimah.

La plume de l’auteure est addictive, fine et foudroyante de vérité. Le récit est bien construit, les chapitres et les phrases sont courts.  Il est écrit avec beaucoup de pudeur et d’émotion. Les pages se tournent très vite. Un sujet douloureux abordé d’une façon réussie. L’auteure nous parle du sort funeste des femmes, et la violence d’une société. C’est choquant et révoltant de savoir que de nombreuses femmes subissent ce genre de crimes et de sévices. L’auteure ne prend pas parti mais pointe les crimes en les dénonçant avec des mots justes, afin que ces pratiquent cessent ! Bravo à Marina Carrère d’Encausse pour votre premier roman qui est une véritable réussite !

Malgré la dureté de ce roman, je vous invite à le lire. C’est une forme de devoir pour toutes ses femmes qui elles ne connaissent pas notre liberté tandis qu’elles souffrent et meurent malheureusement en silence !

Je dois vous avouer que  j’apprécie d’être née en France. J’espère qu’un jour les femmes du monde entier se dresseront en mettant fin à cette torture, et à cette soumission… Au delà de cette femme blessée, ce livre parle à toutes les femmes qui portent des blessures, des secrets… Quelles qu’elle soient et d’où elles proviennent. Ne lâchez rien Mesdames !

J’ai été conquise par cette auteure et par ce premier roman.

C’est un très bel hommage à toutes ses femmes blessées. Je vous encourage de glisser ce livre entre vos mains…

« Des histoires comme celle-là, il en voit tous les jours. Pour la seule année passée, 592 femmes ont été hospitalisées dans son service, amenées par leur mari, leur cousin, leur beau-père. Toutes grièvement brûlées par des systèmes défectueux—d’éclairage, de chauffage, ou de cuisson au bois, au gaz, au kérosène. D’autant plus gravement atteintes que souvent c’est le voile qui s’enflamme quand un accident arrive. Les brûlures, profondes, atteignent les avant-bras, le thorax, les jambes et, bien sûr, le visage. Ce visage détruit qui les empêche de se réinsérer dans la société malgré les mois de soins, de rééducation. A condition qu’elles survivent ! Sur les 592 patientes d’Omar, seules 215 ont survécu. Elles avaient dix-neuf ans en moyenne. Le médecin sait bien que toutes n’ont pas été victimes d’un accident- même si c’est toujours ce que la famille prétend. » P 12

  • Chez les éditions POCKET
  • 208 pages
  • Ma note 18/20

2 réflexions au sujet de “Chronique Une femme blessée de Marina CARRÈRE D’ENCAUSSE”

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