Le Livre de Poche, LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Chronique Rhapsodie des oubliés de Sofia AOUINE

Je viens de terminer Rhapsodie des oubliés, le premier roman haut en couleur de Sofia Aouine, qui a reçu le Prix de Flore 2019.

Un mot sur l’auteure

Née en 1978, Sofia Aouine a travaillé en tant que reporter radio et documentariste pour France Culture, RFI et France Inter.  De formation dramaturge, Sofia Aouine a suivi des études de lettres modernes.
Quand elle était enfant, son père, travailleur de nuit, s’estimant incapable d’élever seul sa fille, la confiait à l’Assistance publique en 1980. C’était une procédure de placement volontaire dont elle est sortie en 1998.
Rattrapée par la fiction, elle écrit aujourd’hui des romans et pièces de théâtre qui sont en cours de publication.


Résumé

Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe. C’est l’âge des possibles : la sève coule, le cœur est plein de ronces, les sentiments et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin qu’on lui réserve, Abad briser les règles. A la façon d’un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui. Dans une langue explosive et universelle, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous conte une radioscopie sans concession mais avec tendresse, d’une génération, d’un quartier et l’odyssée de ses habitants.

Abad, treize ans, d’origine Libanaise, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte-d’Or, à Paris.

Ce roman c’est le quotidien d’Abad, la rue, la misère, entre les barbus, les prostituées, la drogue, le quartier, les trafics et la famille vous allez être servis !

Cet adolescent nous parle de tout et de rien, de son intimité, son quotidien…

Sofia Aouine nous parle des immigrés qui viennent s’installer en France pour faire le boulot des Français qui les refusent. On aurait tendance à les oublier alors qu’eux aussi ont des rêves à réaliser, des projets à entreprendre, et eux aussi  sont des êtres humains.

Le roman est court, l’auteure nous décrit un panel de personnages et nous fait passer des messages sur la vie des quartiers favorisés. L’auteure dénonce le désespoir, l’abandon, la solitude qui les conduisent parfois á tomber dans une spirale vers la délinquance.

J’ai trouvé que cette lecture est entraînante, moderne, tendre, réaliste ! Une lecture un peu brutale mais lumineuse.

Le langage de cette auteure est argotique, soutenu, cru, elle s’est mise à la place de ce gamin ce qui apporte une touche réaliste du quotidien de ces quartiers mais ce langage est aussi poétique, juste.

Sa plume est magnifiquement bluffante ! Sofia Aouine entre avec brio dans la peau de cet ado  (l’attitude, les réactions d’Abad tout y est…)

 On passe par une multitude d’émotions, on rit, on pleure, on vit voire on survit avec Abad et on ne peut pas les oublier. C’est une claque ! Ce récit est authentique, mais que, il décapant, puissant et percutant !

En conclusion, c’est une explosion littéraire ! Un premier roman réussi bravo à Sofia Aouine.

« Ma rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon Français avec des métèques et des visages bruns dedans. »

  • Chez Le Livre de Poche
  • 216 pages
  • Note: 18/20

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