Le Livre de Poche, Témoignage

Chronique Le tout dernier été d’Anne BERT

Aujourd’hui, je vous présente une lecture qui m’a bouleversée. Le tout dernier été d’Anne BERT, paru le 29 août 2018, chez Le Livre de Poche.

Le tout dernier été d’Anne BERT, par Julie chronique

Un mot sur l’auteure

Anne Bert est une écrivaine française.
Elle accumule des expériences et des emplois variés avant d’être nommée mandataire judiciaire à la protection des majeurs, activité qu’elle exerce jusqu’en 2003.
Depuis la publication, en 2009, de « L’Eau à la bouche« , son premier recueil de nouvelles érotiques, elle ne se consacre plus qu’à la littérature et à des activités annexes (conférences, émissions-radio).
Atteinte de la maladie de Charcot et partisane du « droit de mourir dans la dignité », elle annonce début septembre 2017 qu’elle va se rendre en Belgique pour se faire euthanasier. C’est dans un hôpital belge de soins palliatifs qu’elle reçoit le 2 octobre 2017 une injection létale.

« Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter. Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme. »

Anne Bert a refusé de subir jusqu’au bout les tortures que lui infligeait la maladie de Charcot. Son ultime liberté fut de choisir sa mort. C’est ce cheminement qu’elle nous raconte ici. Celui aussi de devoir se rendre en Belgique pour être autorisée à abréger ses souffrances, car la loi française l’interdit. Il lui faut découvrir le goût des dernières fois, du détachement et des renoncements, dire au revoir à ses proches, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin.

On ne sort pas indifférent en lisant cet ouvrage. Anne Bert nous livre avec sincérité son parcours, son courage, sa pudeur face à la mort. Elle demande l’aide pour partir dignement avant que la souffrance vienne lui gâcher la vie. Son témoignage est bouleversant. L’auteure n’a pas voulu nous faire couler des larmes, elle nous livre toutes ses dernières fois, son entourage, sa famille avec beaucoup de pudeur. Ce merveilleux journal écrit par Anne Bert est un sentiment de sérénité. Une plume savoureuse, douce et poétique.

C’est un hymne exceptionnel à la vie, à l’amour et à la liberté.

J’admire votre courage et votre dignité. Reposez en paix Madame !

« Il a donc fallu m’exiler, partir en Belgique où j’ai vécu enfant, pour pouvoir être accompagnée avant de mourir dans la douceur d’une main tendue…

Cette maladie de Charcot, en France, j’aurais eu l’obligation de la subir jusqu’au bout. Des mots, des textes de lois posés sur des patients qui n’ont plus leur mot à dire dès que le médecin les jugent excessifs…

Mais un malade incurable n’a aucun devoir. Je ne nuis à personne en assumant mon choix, je ne fais aucun tort à ceux qui acceptent de vivre l’enfer…

Mon esprit englué se libère, je peux penser à nouveau. Et je prends le temps de dire au revoir à ceux que j’aime. » Page 102-103

  • Chez Le Livre de Poche
  • 144 pages
  • Ma note 16/20

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