CONTEMPORAIN, Le Livre de Poche, LITTÉRATURE CONTEMPORAINE, LITTÉRATURE FRANÇAISE, Nouvelle, Roman, THRILLER

FEMMES EN COLÈRE DE MATHIEU MENEGAUX

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous parle de FEMMES EN COLÈRE paru le 09 mars 2022 chez Le Livre de Poche.

Un mot sur l’auteur

Son premier roman, « Je me suis tue« , publié chez Grasset en 2015 et Points en 2017, a obtenu le prix du premier roman des 29e Journées du Livre de Sablet (Vaucluse).
En 2017, il revient avec « Un fils parfait » qui reçoit le prix Claude Chabrol du roman noir et qui est en cours d’adaptation pour la télévision.
L’année suivante, il publie « Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , puis, en 2020, « Disparaître« . Le 03 mars 2021, il signe son cinquième roman « Femmes en colère ».

Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ? Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.
Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.

Ce cinquième roman est de nouveau une réussite !

Une couverture percutante qui attise la curiosité.
Un titre intrigant et qui m’interpelle.
Un résumé qui donne envie… Puis en toute sincérité, étant une grande fan inconditionnelle de la plume de Mathieu Menegaux, je ne pouvais pas passer à côté et une fois de plus, je reste bouche bée.


Femmes en colère, c’est l’histoire de Mathilde Collignon, accusée d’un crime barbare qu’elle a avoué, au contraire, elle le justifie. Un jury composé de trois magistrats et de six jurés doit trancher du sort de Mathilde.
Mathilde est une femme indépendante, divorcée, mère de deux petites filles, gynécologue.

Cette femme libre aime avoir une vie sexuelle.

Pourtant c’est clair : avouer aimer le sexe, pour une femme, en 2020, malgré tous les Weinstein, les Polanski et les #Metoo du monde, c’est toujours s’exposer à être considérée comme une putain, une traînée, une salope, une allumeuse et toute la litanie de qualificatifs imagés écrits par des hommes. Avouer aimer le sexe, pour une femme, ce n’est pas anodin (…) Je ne connais pas d’équivalent de « nymphomane » pour un homme. Un Dom Juan, c’est chic. Casanova, idem (…) Je ne me suis jamais considérée comme nymphomane. J’aime le sexe (…) J’aime le sexe comme j’apprécie un bon repas, comme je suis heureuse de flâner dans une exposition, comme une heure de course à pied me fait du bien. Et voilà, je continue à ressentir le besoin de me justifier !

Mathilde a subi une agression et elle décide de se venger (et pas n’importe comment) sans passer par la justice française, pensant qu’elle ne souffrirait plus. Nul ne peut se faire justice soit même.

Moi, victime de deux monstres. Moi, privée de liberté depuis presque trois ans, à attendre, attendre sans cesse soit une ordonnance de libération, soit l’accélération de la procédure, soit la mise en accusation de mes agresseurs, en vain (…) Moi qui ai répondu aux questions de la cour sans ressentiment, sans haine, sans rien masquer la violence que j’ai subie ni de celle que j’ai infligée à mon tour. Moi qui ai cru, naïve, que les hommes pourraient faire montre de clémence à défaut de m’accorder leur pardon. Une barbare donc.


Mathilde Collignon devient un symbole de la société #Metoo. Un procès au cœur de toutes les polémiques.

« Et si c’était votre fille, votre soeur, là, dans le box des accusés, derrière cette vitre blindée, auriez-vous envie qu’elle soit un symbole ? Trouveriez-vous juste qu’elle soit condamnée pour l’exemple ? La justice vous intime de la condamner lourdement. L’Humanité devrait vous conduire à la clémence envers cette femme qui a reconnu les faits et qui a déjà été punie. Alors, que choisirez-vous ? Serez-vous des justiciers ? Ou serez-vous justes ? »


Ce roman se lit d’une traite et un véritable plongeon en apnée. Le lecteur se retrouve en alternance dans la cellules des accusés ou Mathilde nous livre ses émotions et la salle des délibérés. L’auteur aborde en profondeur le délibéré en prenant soin de nous détailler le portrait de chaque juré et le système français. Neuf hommes et femmes en colère présentent des arguments et au fur et à mesure, le lecteur voit deux clans se former et s’opposer.
La pression monte. Le jury se pose des questions et s’exprime sur leur vote. Mathieu Menegaux sait nous mener à la réflexion. 

D’ailleurs, l’auteur utilise des références comme Verdict, The Good Wife ou Suits

En lisant ce roman, je me suis souvenue du film Douze homme en colère , ce jeune homme accusé de meurtre, où les douze hommes votent à main levée mais au cours de leur délibération les jurés se remettent en question sur leurs valeurs et leur moralité ce qui est le cas avec Mathilde hors mis qu’elle va être jugée par une majorité de femmes contrairement au film des douze hommes en colère. Mathieu Menegaux va détailler avec minutie le procès pénal français.
La justice française est bien différente de la justice américaine d’ailleurs en France, une simple majorité suffit, il n’y a pas besoin d’unanimité.

Mathieu Menegaux réussit une nouvelle fois, avec brio, à se mettre dans la peau d’une femme. (sentiments, émotions…).

La plume de l’auteur est intense, fine, concise et addictive, utilisant des mots justes et percutants. C’est un coup de coeur pour moi !

J’ai aimé la fin et en fermant ce roman, j’ai souri !

Ce roman est instructif, passionnant et à mettre dans toutes les mains !

À peine une femme violée sur dix porte plainte. Les agresseurs peuvent poursuivre leur chemin, tranquilles. Avant de venir ici, je me suis posé la question. Suis-je légitime à venir délibérer ? J’ai regardé les chiffres. Savez-vous que 12 % des femmes en France déclarent avoir été victimes au moins une fois d’un viol au cours de leur vie* ? Je dis bien d’un viol, d’un acte de pénétration avec violence, menace, contrainte ou surprise.

  • Parution le 09 mars 2022 chez Le Livre de Poche
  • 192 pages
  • Ma note 20/20

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