ÉDITIONS FLAMMARION, LITTÉRATURE CONTEMPORAINE, LITTÉRATURE FRANÇAISE, Roman

L’HOMME QUE JE NE DEVAIS PAS AIMER D’AGATHE RUGA

En cette belle journée, je vous présente L’homme que je ne devais pas aimer d’Agathe Ruga, publié aux éditions Flammarion le 13 avril 2022.

Un mot sur l’autrice

Agathe Ruga est écrivain et chroniqueuse littéraire sous le nom d’Agathe.the.book.
Elle a fondé le Grand Prix littéraire des blogueurs littéraires et vit en Bourgogne.

« Il y a un an, je suis tombée amoureuse comme on tombe malade. Il m’a regardée, c’est tout. Dans ses yeux, dans leur promesse et ma renaissance, j’étais soudain atteinte d’un mal incurable ne laissant présager rien de beau ni de fécond. Son regard était la goupille d’une grenade, un compte à rebours vers la mort programmée de ma famille.« 
Ariane, heureuse en mariage et mère comblée de trois enfants, fait la rencontre de Sandro. Cette passion se propage comme un incendie et dévore peu à peu les actes de sa vie. Ariane est en fuite. L’amour pour son mari, l’attention à son entourage, à la littérature dont elle a fait son métier, sont remplacés par des gestes irrationnels, destinés à attirer l’attention d’un quasi-inconnu.
Quels démons poussent Ariane vers cette obsession adolescente ? Quels pères, quels hommes de sa vie ce jeune roi de la nuit ressuscite-t-il ?

Le premier roman que je lis de cette autrice et certainement pas le dernier.


Un titre qui m’interpelle et m’évoque un récit personnel, avec l’idée d’un amant, et d’une passion dévorante.

L’homme que je ne devais pas aimer est l’histoire d’Ariane, mariée à un homme beau et riche, mère de trois merveilleux enfants et exerçant le métier florissant de ses rêves.
Très heureuse et aime la vie qu’elle mène jusqu’à ce fameux été, où il a suffit d’un seul regard de ce jeune serveur fêtard, pour qu’en un claquement de doigts tout vole en un éclat.


Sandro, est le prénom de ce jeune barman, qui a dix ans de moins qu’elle. Il réunit tous les hommes de sa vie et rentre dans sa vie sans qu’elle ne le veuille. Il porte le même parfum que son père, aime le bon vin comme son grand-père, Italien comme son frère, ressemblant à ses beaux-pères alors Ariane va replonger progressivement dans les tourments de son passé.

Sandro, Sandro, Sandro. Qu’allais-je bien pouvoir faire de ce prénom extraordinaire ? J’ai pensé à sa mère, je ne la connaissais pas et pourtant je la remerciais. Une phrase me revenait en tête : « Quand vous choisissez le prénom d’un garçon, pensez à la femme qui aura à le murmurer plus tard. »

Quand je prononce son prénom, j’ai l’impression de lui dire Je t’aime

À la suite d’une phrase de Sandro, elle va poursuivre sa réflexion personnel, pourquoi lui ? Pourquoi cet homme ?


Infectée par un regard et d’un mal incurable, elle va couler et s’étouffer au point de réaliser que sa famille ne survivra pas à cette maladie. Sandro l’obsède, elle le cherche, elle le veut, et ne peut se passer de lui. Elle lutte, elle se raisonne, néanmoins la passion amoureuse ne s’explique pas mais elle se vit. Alors Ariane, sans le vouloir va jouer avec le feu en multipliant ses sorties… Elle va retourner le plus régulièrement possible dans ce bar, va tester ses limites, le conquérir, se brûler de l’intérieur, la passion se consume et elle va se rendre compte qu’elle sombre dans la maladie et va se perdre dans les souvenirs de son enfance.

J’ai vomi ma vie, j’ai vomi cette adoration étrange dont je ne voulais pas et qui me tombait dessus. J’ai vomi celle que j’allais devenir. Je buvais pour partager son monde. lui, il buvait en travaillant, il buvait autant qu’il fumait.. Je voulais m’enivrer avec lui et oublier mon monde.


Agathe nous livre un récit intimiste et bouleversant.

Ce roman n’est pas une histoire d’adultère ou une histoire d’amour, c’est bien plus fort que ça, c’est une histoire d’obsession et un retour dans le passé d’Ariane.
C’est un livre sur les questionnements et la recherche de soi.
Agathe s’appuie sur des thématiques fortes comme l’absence des personnes, la reproduction du schéma familial, l’épuisement maternel, la difficulté d’être mère et femme…
Ce récit parle aussi bien aux femmes pour le côté émotionnel et affectif comme il peut parler aux hommes sur le fait qu’un homme ne garde pas une femme en devenant mère. L’autrice nous mène à une réflexion touchante et à notre propre réflexion.

À travers une plume incisive, intense, exaltante, avec une fluidité incroyablement, Agathe nous livre le portrait d’une mère et d’une femme avec beaucoup de justesse. Elle nous dresse également un portrait familial, des hommes de sa vie avec spontanéité et sincérité.

Demandez à votre mari de vous pardonner un amant parce qu’il vous rappelle tous les hommes de sa vie, dont lui. Expliquez à votre nouvel amour qu’il ressuscite l’ancien, le répare et permet de vous souvenir de celle que vous étiez, pucelle de passion et de frissons.
Peine perdue. Parfois, il est plus facile de dialoguer avec les absents. Sandro c’est eux, Sandro c’est moi.

Les chapitres alternent le présent et les souvenirs de son enfance. Ce qui permet au lecteur de comprendre pourquoi Ariane sombre t-elle et ne peut pas échapper à cette histoire.
On avale les pages et on déguste les mots.

C’est exquis, savoureux, fort, douloureux, perturbant…
Je félicite Agathe pour moi ce roman est une réussite. 

  • Parution chez Editions Flammarion (le 13 avril 2022)
  • 220 pages
  • Ma note 18/20

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